VIBATI
Maître d'œuvre d'exécution

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CR n°43 en juillet 2025
Anciens outils
Word
Bénéfices
Passer moins de temps sur la forme
Défendre chaque décision en expertise
Donner au MOA une lecture immédiate
Thomas Vittoz, Maître d'œuvre d'exécution, Vibati
Thomas Vittoz cherche la date où il a demandé une fiche d'autocontrôle.
Avant, il ouvrait ses PDF un par un.
Le chantier a avancé. Le sujet revient. Une entreprise conteste. Une relance manque. Une responsabilité peut se discuter.
Cette fois, il ne faut pas se souvenir.
Il faut prouver.
Là où Word n'est pas le vrai problème
Thomas Vittoz commence chez Bouygues Bâtiment Grand Ouest après son école d'ingénieur. Entreprise générale, très bonne école de formation. Premier chantier, un hôpital, ils sont jusqu'à vingt conducteurs, chacun suit son lot, dans un Excel partagé. Le métier s'apprend par osmose, sur le terrain. Sur son chantier suivant, un programme de logements, Thomas est seul. Il y développe déjà deux types de CR, un pour les entreprises, un plus léger pour le maître d'ouvrage.
Mais les déplacements s'accumulent. Quand le fondateur de T2T Bat lui propose en 2020 de basculer en maîtrise d'œuvre : "tu rentreras chez toi tous les soirs", Thomas le suit.
Le rôle change : moins de conduite pure, plus de recul. Avec un collègue, Thomas structure la méthode. Serveur, dossiers, trame Word, conventions internes. "On est partis d'une feuille blanche."
En octobre 2024, il crée Vibati à Nantes. Seul.
Il garde d'abord la trame Word qu'il connaît. Elle n'est pas mauvaise.
Sur Dolce Vita, programme Bouygues Immobilier de 71 logements, son CR couvre 25 lots sur 37 pages.
Code couleur tenu à la main. Relances numérotées. "RELANCE N°2", "RELANCE N°8", parfois "RELANCE N°18".
La trame tient.
Mais elle tient parce que Thomas la tient.
Le problème n'est pas la trame. Thomas sait faire.
Le problème, c'est ce que le compte rendu porte.
“Le compte rendu de chantier, il a un intérêt contractuel, mais c'est aussi mon fil rouge du chantier. Je vide ma tête dedans.”

Thomas Vittoz
Vibati
Dans une semaine, Thomas suit cinq opérations en parallèle. Il imprime le CR précédent, l'annote en réunion, prend ses photos sur Fieldwire, balaie les mails de la semaine dans Outlook. Il reprend les demandes restées sans réponse, centralise ce qui doit être dit aux entreprises, au maître d'ouvrage, aux bureaux d'études.
Le document n'est pas une synthèse. C'est sa mémoire active.
Et quand cette mémoire vit dans des PDF séparés, elle finit par coûter cher.
"Sous Word, j'avais pas de date. Quand je cherchais une information pour me dire tiens lui je lui ai déjà dit ça il y a trois mois, en fait je rouvrais tous mes PDF."
Quand l'expert demande toujours la même chose
Thomas parle des expertises sans effet de manche. Il en a vu dans ses expériences précédentes.
Une infiltration. Une remontée d'eau dans un sous-sol. Un défaut d'étanchéité. Un balcon. Une fiche d'autocontrôle non transmise. Quand un sinistre apparaît, le premier réflexe ne change pas : l'expert demande les comptes rendus.
L'expert ne cherche pas une intention. Il cherche une trace.
Le sujet devient : qu'est-ce qui a été demandé ? À quelle date ? À quelle entreprise ? Avec quelle relance ? Quelle réponse ? Quel refus du maître d'ouvrage ? Quelle absence de retour ?
Il cherche à comprendre si le maître d'œuvre a une part de responsabilité. Même quand le travail a été fait sérieusement, une part résiduelle peut tomber. Sur les gros sujets, chaque expert défend son périmètre.
"C'est pas des moments marrants."
Il faut alors ressortir les pièces. Les mails. Les photos. Les comptes rendus. Tout ce qui montre que l'alerte a été faite, que la demande a été écrite, que l'entreprise ne l'a pas suivie, ou que le client n'a pas arbitré.
Thomas le dit avec une phrase de chantier, pas une phrase d'avocat : "Malheureusement, on lui a dit, et on ne peut pas faire à sa place."
Le compte rendu sert à ça aussi. À faire tenir cette limite.
Là où rester seul devient une décision
Thomas est à un seuil.
Presque trop de chantiers pour être seul. Pas encore assez pour être deux. Un chantier démarre, trois sont en livraison avant juillet, un gros programme de 150 logements continue. Le commerce pourrait faire rentrer plus de dossiers. Mais derrière, il faudrait embaucher, ou dire non.
"Je suis à la limite de passer le pas, il faut juste que mentalement, je sois prêt."
En attendant, il tient. Avec des journées qui débordent sur les soirées. "En ce moment, je bosse pas mal le soir." Les comptes rendus se font après le dîner, entre deux livraisons.
Dans cette zone, chaque friction pèse plus lourd. Un indépendant n'a pas d'assistante pour reprendre ses notes. Pas de service pour maintenir une trame. Pas d'équipe pour fouiller l'archive quand un expert appelle. Il doit produire, diffuser, retrouver, défendre.
Le compte rendu n'est pas une tâche administrative parmi d'autres. C'est l'infrastructure minimale d'un MOEx seul.
Et en cas d'expertise, la seule qu'il aura.
Là où la bascule se fait sans changer de métier
Thomas cherche depuis quelques mois. Il a testé plusieurs pistes. À chaque fois, la même crainte revient : perdre la liberté de Word. Un export figé. Une trame qui décide à sa place. Un rapport qui sort toujours de la même manière.
Word prend du temps. Mais Word laisse faire.
Thomas veut garder cette liberté, sans garder la mécanique qui va avec.
En juillet 2025, une prise de contact arrive sur LinkedIn. Proposition simple : reprendre un de ses comptes rendus et le mettre en page. Thomas choisit le CR n°43 du chantier Dolce Vita, jeudi 3 juillet 2025. Il se donne deux mois.
Au bout d'un mois, il passe déjà le deuxième et le troisième chantier.
"Je crois qu'au bout d'un mois, je passais déjà le deuxième et le troisième chantier sous there en me disant, c'est bon, l'essai est concluant et ça règle le sujet."
Ce qui lève sa crainte n'est pas l'IA. Au début, l'IA l'inquiète même un peu, il ne veut pas qu'elle prenne le dessus sur sa manière d'organiser le compte rendu. Il finit par s'en servir à petites doses : reformuler une note, rédiger un mail en listant les entreprises convoquées dans le corps du message.
Le centre reste le même : son jugement, son plan, son chantier.
La différence se joue dans les gestes qu'il n'a plus besoin de refaire.
Là où la trace devient consultable
Thomas continue de travailler comme un MOEx. Il prépare, il imprime, il annote, il relit ses mails, il vérifie ses photos, il centralise. Mais les tâches ne sont plus de simples lignes dans un document.
Une demande porte sa date de création. Une échéance passe en rouge. Un statut change sans casser la mise en page. Un sujet terminé s'archive sans disparaître. Un nouveau point se signale d'un liseret bleu, le geste de mettre en gras à la main a disparu.
Puis il y a @rappel. Thomas remonte le besoin. La logique arrive ensuite dans ses CR : premier rappel, deuxième rappel, puis arrêt du compteur quand le sujet est clos.
Une relance n'est pas seulement une répétition. C'est une gradation de responsabilité.
D'autres ajustements suivent la même logique : archiver sans perdre, créer une note depuis un email transféré, garder les effectifs dans un bloc exploitable. Pas pour ajouter des options. Pour éviter que la trace se disperse.
Le gain semble petit. C'est le piège. Changer une date, numéroter un CR, archiver ce qui est fait, retrouver un ancien sujet, recadrer une photo, vérifier ce qui a été demandé, chaque geste prend peu de temps seul. Répété sur quatre ou cinq CR par semaine, il devient une part entière du métier.
Thomas estime le gain à quinze ou vingt minutes par CR. Il ne le vend pas comme une transformation spectaculaire. Et ces minutes ne deviennent pas du confort, Thomas travaille encore le soir. Elles repartent ailleurs, dans le technique.
Il regarde plus finement certains plans d'exécution. Il vérifie les détails qui peuvent devenir sinistrables, l'eau, les EP, l'étanchéité, les balcons, les points qu'on finit parfois par laisser passer parce qu'on fait confiance, tout en gardant un doute dans un coin de la tête.
Sa phrase la plus importante n'est pas sur un outil.
“Ma valeur ajoutée, ce n'est pas le compte rendu de chantier, c'est la connaissance technique, le fait d'anticiper les sujets.”

Thomas Vittoz
Vibati
Là où le document doit aussi donner envie d'être lu
Thomas ne se raconte pas que toutes les entreprises lisent les comptes rendus avec attention. Certaines arrivent avec la page imprimée qui les concerne. D'autres lisent vite. D'autres ouvrent à peine. "Il y a des conducteurs tellement sous l'eau, avec 20 chantiers à suivre, qu'ils lisent très vite fait, soit ils l'ouvrent même pas."
La lisibilité n'est pas un sujet de présentation. C'est une condition de la preuve. Une demande qu'une entreprise ne lit pas devra être redite. Puis redite encore.
"C'est presque une opération de séduction auprès des boîtes pour lui dire, viens lire ce que j'ai écrit pour ton lot."
Le mot est juste. Pas pour faire joli. Pour obtenir l'action.
Et quand une entreprise vient contester sur chantier un sujet qu'elle n'a pas lu depuis trois semaines, Thomas le voit dans le suivi de lecture. "Tu peux lui expliquer : lis d'abord, après tu pourras gueuler." La lisibilité attire. La traçabilité de lecture tranche.
Un conducteur de la SMAC lui écrit un jour : "C'est toi qui fais le compte rendu avec le lien, c'est super bien fait." Thomas retient deux choses. Il l'a lu. Et il a compris.
Côté maître d'ouvrage, les avancements en pourcentage et les effectifs rendent le chantier compréhensible sans déplacement hebdomadaire. Un client lui dit qu'en quelques secondes, il voit où en est le chantier.
Ce qui manque encore
Thomas voit déjà ce qui manque. Changer le statut d’une tâche d’un compte rendu depuis le téléphone au milieu d'une visite. Intégrer plus simplement les photos issues de Fieldwire. Ressortir d'un coup tous les PDF d'un chantier si un expert les demande. Peut-être un jour lier une vidéo quand une fuite d'eau se comprend mieux en mouvement qu'en image fixe.
Ce ne sont pas des idées abstraites. Ce sont des situations où la trace doit suivre le terrain.
Thomas ne cherche pas un compte rendu plus moderne. Il cherche une trace qui tient quand le chantier n'est plus là.
Le chantier passe.
Le compte rendu reste.
À propos de Vibati
Structure de maîtrise d'œuvre d'exécution fondée par Thomas Vittoz en octobre 2024, à Nantes. Après un parcours chez Bouygues Bâtiment Grand Ouest puis T2T Bat, Thomas intervient en DET, OPC, suivi technique, visas, livraisons et pilotage de chantier, principalement sur des opérations de logements en Pays de la Loire.

