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Finir le compte rendu en réunion, sur tablette : mais à quel prix ? Pourquoi nous misons sur l’attention sur le chantier et un CR qui fait agir.

Jimmy Louchart
Cofounder
Depuis dix ans, les logiciels de chantier font la même promesse : rédiger son compte rendu sur la tablette pendant la réunion ou la visite, et repartir avec un document terminé. Plus besoin d'y revenir le soir, plus besoin de repasser au bureau. La promesse est réelle. Nous pensons pourtant qu'elle répond à la mauvaise question.
Chaque chantier est unique : son contrat, son lieu, ses équipes, son calendrier. Nous l'avons écrit dans Le problème n'était pas là : plus on s'éloigne du chantier, plus on ajoute de structure pour compenser la distance, et les formulaires pensés au bureau finissent en PDF que personne ne lit. La vraie question n'est pas d'écrire plus vite. Un compte rendu n'a qu'une finalité : amener toutes les entreprises à agir sur les priorités, au service de l'ouvrage. Pour cela, il faut rester attentif au chantier quand on le rédige, et le rendre lisible pour ceux qui doivent agir.
Trois générations du compte rendu
Le traitement de texte, libre mais sédentaire. Word et Excel sont un superbe espace de liberté… au bureau. Sur le chantier, ils n'ont pas de réponse : on prend les photos au téléphone, et les intégrer est une telle galère qu'on y renonce. Quant au PDF, écrit tout petit, il se lit mal sur smartphone : il faut zoomer, puis faire défiler à l'horizontale.
Les applications sur tablette ont apporté la photo, le plan et le rapport généré. Leur promesse est de finir le compte rendu en réunion. Elle a un prix :
Un terminal seul et déconnecté. La tablette est un matériel supplémentaire, elle coûte cher et a rarement un forfait mobile. D'où l'accent mis sur le mode hors connexion : on travaille seul, sans le reste de l'équipe.
Un objet qui encombre. Elle se tient à deux mains, et sur le chantier il faut une sangle pour se déplacer.
Un écran qui capte le regard. À chaque phrase, il faut trouver le bon champ, faire défiler, dicter ou taper, corriger, pendant que la réunion et le chantier avancent.
Un formulaire qui rigidifie. Chaque saisie demande plusieurs taps, et même si l'on dicte, on perd la liberté d'écrire à côté, comme dans Word.
On repart avec un compte rendu fini, mais on a été moins présent. La tablette a numérisé le formulaire ; elle n'a pas changé qui s'adapte à qui. Le conducteur de travaux remplit les champs de l'éditeur, dans l'ordre de l'éditeur.
La troisième génération, celle de There, inverse le rapport : on parle comme en réunion, et le logiciel range l'information dans la bonne case. L'IA prépare, l'humain valide, le document se lit sur un smartphone sans créer de compte, et l'on sait qui l'a lu.
Nos clients le confirment. Dans nos études de cas, Word et Excel reviennent chez tous, et certains s'appuyaient aussi sur une application spécialisée, dont une depuis quinze ans. Une agence en avait écarté une, faute de vouloir payer une licence par utilisateur. Corentin Le Gars, de Cosécante, le dit du côté du lecteur : « Quand tu reçois un compte rendu Excel, tu te dis que la société n'est pas passée au niveau d'après. »
Be There : capturer sans y penser
Côté notes, notre principe tient en deux mots : Be There. Être là, en visite pour voir ce qu'il faut voir, en réunion pour écouter ce qui se joue entre les entreprises. Chaque fois qu'on baisse la tête vers un écran pour remplir un champ, on perd une partie de cette attention.
On ne demande donc rien au moment de la capture : un enregistrement long, téléphone dans la poche ou posé sur la table, et des photos avec leurs légendes. En sous-sol ou en zone blanche, la note se synchronise quand le réseau revient. Le hors connexion n'est plus un mode de travail : c'est un détail technique.
Les meilleurs outils de notes vocales l'ont compris pour la visio : pas de bot dans la réunion, toute son attention aux personnes. Nous l'apportons là où ils ne vont pas : en réunion de chantier, autour d'une table, et en visite, dans la boue ou en sous-sol, avec les photos.
L'IA structure ensuite, à partir du contexte du chantier : les comptes rendus précédents, les noms des entreprises, les lots, les acronymes. Elle classe les actions dans les sections du compte rendu, et l'humain valide. Comme nous l'écrivions dans Quand l'IA libère l'humain, le vrai coût n'est pas le temps, c'est l'énergie qu'il faut pour commencer.
Rédiger en réunion reste possible, et certains de nos clients le font. Chez Chabanne, 80 % du compte rendu s'écrit pendant la réunion. Mais pas seul, tête baissée sur une tablette : sur un écran projeté que tout le monde voit, pendant que la note vocale capte le reste. On ne choisit plus entre écouter et écrire.
Contrôler n'est pas faire avancer
Les applications de formulaires et les ERP de chantier sont des systems of record : leur rôle est de remplir une base de données structurée pour contrôler que le travail est suivi. Sur mobile, on empile les formulaires, de plus en plus difficiles à trouver et longs à remplir. Sur le web, on empile les modules pour couvrir chaque processus du métier, de plus en plus lourds à administrer. La base produit ensuite, à la chaîne, des extraits PDF rigides pour chaque destinataire.
Gagner du temps, c'est la promesse de chaque logiciel. Reste à savoir pour qui. Le temps gagné par ceux qui contrôlent se paie en attention chez ceux qui saisissent sur le chantier, et en PDF rigides, difficiles à lire, chez les entreprises qui doivent agir. On se trompe d'enjeu. Et comme chaque outil veut être le centre du monde, ces bases communiquent mal : les données s'accumulent sans nourrir de boucle d'amélioration. Multiplier les contrôles ne fait pas plus avancer un chantier que multiplier les caméras de surveillance.
Nous pensons que ces systèmes deviendront des back-offices, que les nouvelles générations de logiciels et d'IA rempliront automatiquement à partir du travail réel. Aucun ne dominera : plus ils seront spécialisés et ouverts, plus ils seront utiles.
Des outils, pas des gadgets
Word et Excel tiennent depuis des décennies pour une raison simple : on veut d'abord un outil libre et simple pour collaborer et faire avancer le chantier. Une application de formulaires, elle, finit en couteau suisse à cent lames : chaque outil est pratique, mais le manche devient trop épais pour être tenu, et l'on ne trouve plus la bonne lame.
Tant qu'elle se limite à quelques formulaires, elle fonctionne. Chez Finalcad, que nous avons cofondé, poser une pastille sur un plan pour lever une réserve était d'une efficacité redoutable ; chaque module ajouté ensuite (qualité, sécurité, environnement, planning, messagerie) nous en a fait perdre. Chaque fonctionnalité doit mériter sa place : les produits échouent rarement faute de fonctionnalités.
Mais le problème de fond est l'approche elle-même. Un formulaire veut faire entrer le métier dans des cases à cocher ; or un chantier est unique, et le découper en cases le dénature. Le formulaire convient à un geste précis, pas à rendre compte d'un chantier. Word est un bon couteau : il ne fait que des documents, mais il les fait tous. There garde cette liberté et y ajoute ce que Word ne sait pas faire : des blocs métiers qui comprennent les tâches, les présences, l'avancement et l'effectif, et une IA qui connaît le chantier, sans gérer les droits des utilisateurs ni licences à compter.
Une pente douce, jusqu'à son propre atelier
Le BTP connaît la fierté de bâtir : passer devant un ouvrage et dire « c'est moi qui l'ai fait ». C'est le même ressort qui explique l'engouement pour l'IA : chacun aime construire. Un formulaire ne donne jamais cette fierté : on baisse la tête pour subir un contrôle. Un éditeur de logiciel devrait viser l'inverse : que chaque utilisateur soit fier de ce qu'il partage, et devienne créateur à son rythme.
Les défenseurs du logiciel malléable appellent cela une pente douce de l'utilisateur au créateur : chaque marche ne demande qu'un petit effort, jamais une falaise. C'est ainsi que nous avons pensé le document. On importe son compte rendu Word ou PDF. On ajoute un bloc tâches, puis un bloc présence. On importe sa marque en un clic. On enregistre un modèle, des extraits réutilisables, des instructions pour l'IA. Au bout, chacun dispose de son propre atelier, et d'un compte rendu à l'image de son chantier et de son entreprise, qu'il est fier d'envoyer.
Chez CICAD, filiale d'Ingerop certifiée ISO 9001, le compte rendu reposait sur cinq dates métier propres à l'entreprise. Un formulaire les aurait écrasées. Nous les avons gardées. « L'adaptation de l'outil à nos demandes a été déterminante », dit Philippe Maubert, directeur de projet. Depuis octobre 2025, tous les nouveaux projets de CICAD démarrent sur there.do.
Un gros œuvre solide, un second œuvre sur mesure
Cette intuition rejoint un mouvement de fond. Chez Notion, c'est devenu un principe : le logiciel doit plier, pas l'utilisateur. OpenAI vient d'en faire le cœur de ChatGPT : son modèle compose l'interface de chaque réponse. L'interface s'ajuste à chacun pendant que la structure reste stable. Dans le bâtiment, on parlerait de gros œuvre et de second œuvre.
Tout ne doit pas être fluide, car un compte rendu engage. Une interface qui se recompose à chaque lecture se vérifie mal, et un document contractuel doit se relire à l'identique dans trois ans. Sur un chantier, certaines choses doivent donc tenir quoi qu'il arrive : la trace de ce qui a été dit, envoyé et lu, le document verrouillé et ses versions, la preuve de diffusion, et des données hébergées en Europe, jamais utilisées pour entraîner un modèle. C'est notre gros œuvre. Le second œuvre, lui, s'adapte à chacun : la marque, les modèles, les blocs, les notes, les instructions données à l'IA. Malléable là où l'on capte et rédige, figé là où l'on signe.
Le PDF et nos interfaces ont d'ailleurs le même ancêtre : PostScript, inventé par deux anciens du Xerox PARC pour décrire une page, et dans lequel Steve Jobs a vu le langage d'un écran. Afficher et imprimer sont les deux faces d'un même problème.
Un même compte rendu a donc trois rendus :
un PDF A4, preuve formelle, traçable et imprimable ;
un e-compte rendu sur smartphone, lisible sans compte, sans zoom ni défilement horizontal, avec des photos qui s'ouvrent d'un toucher ;
le même document sur ordinateur, interactif et confortable pour travailler.
Le PDF relève du gros œuvre, l'écran du second œuvre.
Une IA qui propose, et ne décide rien
L'IA ne vaut que par le contexte qu'on lui donne. Sur un chantier, ce contexte existe déjà : c'est le compte rendu, semaine après semaine, partagé entre des entreprises. Un formulaire le découpe en champs ; un document le garde entier, et c'est lui que la note enrichie et AI·there lisent avant de proposer quoi que ce soit.
Un compte rendu régénéré d'un bloc change à chaque version, et l'on ne sait plus ce qui a bougé. C'est le défaut de la plupart des outils d'IA : on ne peut pas modifier un élément sans que l'ensemble change. AI·there et la fusion des notes ne réécrivent donc pas le compte rendu : elles proposent des modifications une par une, que l'on accepte ou refuse. Seul ce qui a changé sur le chantier change dans le texte.
Vos notes vous appartiennent. Elles sont privées par défaut ; l'audio et la transcription brute ne quittent jamais celui qui les a enregistrés. Seul le texte que vous avez validé rejoint le compte rendu partagé.
Un compte rendu est un document contractuel : une entreprise mal attribuée ou une date fausse peut coûter cher. L'IA de There ne décide donc rien et n'envoie jamais rien. Les nouveautés apparaissent en bleu d'une semaine à l'autre, le document se verrouille à la diffusion, et le PDF de preuve garde la trace de ce qui a été envoyé, à qui, et lu par qui. Nous ne prétendons pas que l'IA ne se trompe jamais. Nous faisons en sorte qu'une erreur se voie avant de partir.
Une Renaissance plutôt qu'une chaîne
À l'OpenAI DevDay 2026, Sam Altman a opposé deux visions de l'IA : une révolution industrielle, qui ferait des gens les rouages d'une machine, ou une Renaissance, qui leur donne plus de pouvoir. Le chantier choisit naturellement la seconde. Chaque ouvrage est unique, et la valeur reste dans le jugement de ceux qui le conduisent.
Dario Amodei, cofondateur d'Anthropic, le dit autrement : même très capable, l'IA bute sur la vitesse du monde physique. Un chantier avance au rythme du béton, des lots et des intempéries, pas de la rédaction. L'IA ne l'accélère pas : elle supprime la friction autour.
L'IA ne remplace pas l'expertise : même le jour où elle saura tout rédiger, c'est le maître d'œuvre qui signe et engage sa responsabilité. Elle supprime le pénible (la recopie, la mise à jour, la mise en forme, la relance) et lui rend ce que la tablette lui prenait : le temps et l'attention d'être sur le chantier.
La tablette voulait faire gagner du temps en faisant saisir plus vite. Nous préférons qu'on n'ait plus à saisir. Vous parlez, vous photographiez, vous restez là. Le compte rendu suit, et ceux qui le reçoivent savent, sur leur téléphone, ce qu'ils ont à faire. Le temps gagné n'est pas le but : le but, c'est que chaque entreprise agisse sur ce qui compte, au service de l'ouvrage.
Ce que cette approche a changé pour nos clients en un an, avec les chiffres, nous le racontons dans There is a loop. Et si vous voulez voir votre propre compte rendu dans There, envoyez-le-nous : nous vous renvoyons une version prête à partir. www.there.do/fr/switch

Jimmy Louchart
Cofounder




